Les forces en présence...

enluminureltLa question des troupes mobilisables par les Carolingiens a été très discutée: cela va de quelques milliers de combattants à 35000 cavaliers suivis d'une masse de fantassins et d'auxiliaires pouvant aller jusqu'à 100 000 hommes. On sait par ailleurs que Louis le Pieux à la fin de son règne eut quelque difficulté à réunir suffisamment de combattants pour maintenir la défense de l'empire aux frontières. Enfin, compte- tenu du fait que le recrutement dépendait du système d'allégeances des vassaux à leur suzerain, il est permis de penser que les disputes continuelles entre les frères, ainsi que les attributions changeantes des territoires aux uns et aux autres, avaient pu saper la légitimité du lien féodal.
Une estimation qui paraît basse, pour une bataille de cette importance, nous est donnée par le seul contemporain qui en ait fourni une relation, Nithard.

Celui-ci nous raconte qu'au passage de la Seine, en crue, le 31 Mars 841, Charles « remplit 28 navires d'hommes armés ». Sachant que ces navires étaient de grosses barques à fond plat, chacune d'elle ne pouvait guère embarquer plus de dix hommes avec leurs montures. Cette troupe complétée par des renforts venant de Bourgogne et d'Aquitaine est finalement estimée à 400 cavaliers.
Puisque d'après Nithard les guerriers de Louis étaient moins nombreux, on peut estimer à 700 cavaliers, environ, les forces des coalisés, celles de Lothaire à moins encore. Il est peu probable en outre, que des fantassins aient pris part à la bataille compte-tenu du temps qui leur était nécessaire pour arriver sur les lieux.
A cette époque, chaque combattant pourvoit, selon ses moyens, à son équipement, constitué pour les armes offensives de la lance à fer triangulaire, de l'épée longue à deux tranchants, parfois d'une épée à un tranchant, le sax ou scramasaxe, de la hache de combat et de l'arc; les armes défensives sont le bouclier rond ou ovale, en bois recouvert de cuir, avec une partie centrale en fer, l'umbo. L'armure est soit une sorte de cotte de mailles, soit une casaque en cuir, la broigne, recouverte d'écailles de métal, le casque est une simple calotte de fer.
Le combat qui va s'engager à Fontenoy est une bataille « aramie », qui va donc se livrer sur un site déterminé, à une date et une heure fixées à l'avance, sous la foi du serment.

Il s'agit donc d'une « ordalie » ou jugement de Dieu. Ce sera également le cas pour une bataille rangée, dans laquelle la stratégie qui commande les divers mouvements de troupes, se transforme rapidement en une série de combats singuliers, ou de petites unités entourant un chef, mélange de charges collectives, de paniques, de duels dispersés, donnant lieu à des affrontements extrêmement meurtriers.