Après la bataille...

enluminureltLa victoire acquise, le pillage commence. La chapelle ambulante de Lothaire, avec tous ses objets précieux, les morts et les blessés qu'on achève, sont dépouillés. Mais dès l'après-midi, un concile a lieu. Les évêques déclarent que Dieu a donné le droit à Charles et à Louis. Pour la paix des consciences, ils ordonnent un jeûne de trois jours, consacrés à enterrer les morts et à soigner les blessés des deux partis. C'est donc le 30 juin que Louis et Charles quitteront la place. Les vaincus n'ayant pas été poursuivis, Lothaire peut reprendre sans problème la route d'Aix la Chapelle et Pépin II celle d'Aquitaine.
Le grossissement épique et l'éloignement temporel se sont emparés de la bataille pour en faire un « immense carnage ». Au dix septième siècle, on en est à 100 000 morts. Combien d'hommes valides aurait-il alors fallu pour les enterrer dans le seul après-midi du 26 juin! Par ailleurs, on ne compte que trois morts de haut rang: chez Lothaire, les gendres de Pépin II Ratier et Girart, et du côté de Charles, Ricoin, le comte de Nantes.
Pourtant, la bataille de Fontenoy a fait une impression profonde sur les élites de l'époque parce qu'elle marque la dislocation de l'empire de Charlemagne net la fin d'un rêve d'unité. De plus, la bataille a pu être ressentie comme un combat fratricide parce que la discorde partageait les grandes familles de l'empire et que l'on se massacrait entre chrétiens.
Enfin, la bataille n'ayant pas eu immédiatement un caractère décisif, Lothaire ne renonce à aucune de ses ambitions et il faudra attendre encore deux ans et le traité qe Verdun en 843 pour que les trois frères s'accordent sur un partage équitable de l'empire de Charlemagne.